mercredi 14 août 2013

Femme de ménage

Une de mes copines et son conjoint ont engagé une femme de ménage.

Elle ne cesse de se faire dire qu'elle le mérite bien, que ça va lui faire du bien.

De deux choses l'une: soit on présume à tort qu'elle est la principale responsable du ménage, soit on présume à raison qu'elle est l'unique responsable du ménage. 

Dans les deux cas, les présomptions sont axées sur le fait que le ménage est perçu principalement comme la responsabilité de la femme du couple (hétérosexuel). 

Je fais le triste constat que les choses n'ont pas tant changé depuis quelques dizaines d'années.

mardi 13 août 2013

Ça va aller?

J'essaie d'avoir des habitudes vertes. Ainsi, lorsque je fais mon épicerie, je transporte mes achats dans mon sac à dos. Aujourd'hui ne faisait pas exception. Alors que je m'apprêtais à mettre mon sac sur mes épaules, l'homme qui me suivait à la caisse m'a demandé si j'allais être correcte.

Mon ex-conjoint était responsable de faire l'épicerie. Il transportait aussi les achats dans un sac à dos. Lui utilisait un gros sac de voyage, moi j'utilise un petit sac ordinaire. Pendant toutes les années qu'il a fait l'épicerie avec son sac à dos, il ne s'est jamais fait offrir de l'aide ou demander s'il allait être correcte.

On présume que les femmes sont moins capables physiquement, c'est ce qui explique qu'on se fait offrir de l'aide constemment et les hommes pratiquement jamais. Malgré que les courbes de normalité de fore physique se superposent à 80%. 

Encore une fois, le problème ne se situe pas dans l'offre d'aide en elle-même, mais dans les proportions. 

Une autre façon dont cette disparité se pertpétue est en refusant (ou acceptant) systématiquement les offres d'aide. Par exemple, j'offre presque toujours de l'aide lorsque je vois des gens avec des poussettes dans le métro, des sacs lourds, même des déménagements. Je suis forte, je possède un bon contrôle musculaire et de bonnes techniques d'effort. Jamais un homme n'a accepté l'aide que j'ai offerte.

lundi 12 août 2013

Chicanes de filles (Deuxième partie)

Je vous invite d'abord à lire l'entrée précédente afin de connaître le contexte de cette entrée-ci. 


La solution que ma copine proposait afin d'atténuer les ''chicanes de filles'': engager un homme.

Ne vous méprenez pas, je ne suis pas contre l'idée qu'elle engage un homme, ni de favoriser une représentation plus égalitaire des genres dans tous les milieux. Ce qui me dérange, c'est que l'arrivée d'un homme dans un groupe de femmes soit vu comme étant une solution à un problème. 

Tel que mentionné dans ma première entrée (Féminismes Quotidiens : La fuite de la matière grise), les hommes sont sur-représentés dans les solutions apportées aux problèmes des femmes. On n'attribue pas aux femmes comme caractéristique la capacité de régler leurs difficultés par elles-mêmes et entre elles-mêmes. 

Cette dynamique sociale maintient les femmes dans une position dépendante et subordonnée. Leur bien être dépend d'un homme qui viendra régler leurs problèmes. Elles peuvent bien être intelligentes et compétentes, mais ultimement jamais autant que l'homme qui, lui, possède par sa seule existence la solution/résolution qu'elles sont incapable d'atteindre par elles-même. 

dimanche 11 août 2013

Chicanes de filles (première partie)

Commentaire d'une copine référant à l'ambiance de conflit dans son milieu de travail:

Les chicanes de filles, là. Dit sur un ton méprisant, en roulant des yeux et en balayant l'air de la main. 

Le message: les dites ''chicanes de filles'' sont triviales et méprisables. 

Son commentaire, principalement le non verbal associé, représente bien la vision de la société des tensions entre femmes. Les conflits impliquant uniquement des femmes et les enjeux spécifiquement féminins sont habituellement perçus comme superficiels et indignes d'attention et de dépense d'énergie.

On n'accorde pas de crédibilité aux tensions entre femmes. Ainsi, on ne prend habituellement pas le temps de se pencher sur les origines de ces tensions. Dans ce cas-ci: changement dans la direction de l'entreprise, arrivée de nouvelles employées, départs d'employées, sentiment d'insécurité au travail et face à l'avenir. 

Cette réalité a différentes conséquences à différents niveaux. D'abord, on appuie le message social selon lequel les enjeux des femmes et concernant les femmes sont de moindre importance. Ensuite, le conflit peut possiblement être résorbé puisque les femmes ont la capacité de négocier, de communiquer et de résoudre des conflits. Mais il se peut aussi qu'à force de ne pas adresser la source du problème, on laisse une situation problématique s'envenimer  inutilement. 

samedi 10 août 2013

Une affaire de gars

L'autre jour, pendant une période tranquille au travail, je suis allée voir ce à quoi mes collègues de l'autre équipe s'occupaient. Arrivée dans leur bureau, je les ai vus tous trois à fixer le même ordinateur. Je leur ai demandé  ce qu'ils faisaient.

Des affaires de gars, m'ont-ils répondu. 

Je vous invite à aller lire ma dernière entrée pour une explication plus en profondeur. Féminismes Quotidiens : Bottes

Au delà de ça, leur réponse vague et expéditive passait un message clair: mon exclusion. D'abord, ils ont maintenue obscure leur activité, ce qui me pousse à comprendre qu'ils ne voulaient pas que je sache ce qu'ils faisaient. Puis, ils ont enfoncé le clou en me disant que c'était une affaire de gars. Donc pas de mes affaires. 

Ce genre d'attitude de boys club contribue à l'exclusion et à l'auto-exclusion des femmes des milieux masculins. Je me retrouvais devant le choix de me retirer ou de m'imposer en sachant que je n'était pas la bienvenue et d'en subir les conséquences. Donc devant un non choix. Comme tant d'entre nous devant des groupes-milieux masculins.

vendredi 9 août 2013

Bottes

Pendant mes vacances je me suis acheté une paire de bottes. Des belles Dr. Martens à 14 trous,  rouges. On peut les replier et il y a des motifs floraux à l'intérieur.

Le premier commentaire de mon collègue après ma description: ah, des bottes de fille.

Je sais que le discours ambiant de société sur les rôles de genre tend de plus en plus vers la banalisation et l'acceptation de la séparation des genres. Pourtant je maintiens qu'elle est problématique. 

Ces catégories de rôles genres (qui, il n'y a pas si longtemps confinait les femmes à la maison, dois-je le rappeler) sont nocives pour tout le monde. Tant pour l'adolescente qui voudrait jouer au soccer avec les gars que pour le gars intello qui aime bien les comédies romantiques. Sortir des sentiers battus peut nous coûter la vie.

Combien de garçons ont été assassinés pour avoir ouvertement exprimé leur féminité en publique? Combien de filles violées parce qu'elles aimaient d'autres filles?

Des  commentaires comme celui de mon collègues sont de petites pierres qui construisent cet édifice d'intolérance et de violence. 

Dans ces catégories rigides, les femmes sont perdantes en termes de privilèges associés et accordés au rôle de genre. D'où l'aspect sexiste du commentaire, même si tout le monde en souffre ultimement.

Sans voix

L'autre jour en joggant, un homme en camionnette m'a envoyé des becs par sa fenêtre.

D'abord, je suis mistifiée parce que ça se fait encore. 

Puis, ce genre de harcèlement maintient et contribue au contrôle social des femmes qui évitent certains endroits à certains moment à cause de ce type de comportement.  Ce genre de harcèlement rend l'espace publique désagréable et menaçant. Il laisse planer le risque omniprésent de l'agression sexuelle et contribue à l'objectification des femmes.